New-York, le Marathon 2004 par Christian BONNAUD

Retour de New York

 

            Comment vous faire partager l’émotion ressentie au cours de ce marathon? Je vais m’y employer, et j’autorise bien sûr, les 3 autres membres de l’expédition à corriger ou à compléter mes propos.

 

1 – LE VOYAGE ALLER

            Nous partons donc de Pouzauges, le mardi 3 à 18 heures (à l’heure où certains se retrouvent sur le stade). Didier est déjà en tenue officielle, et sous la conduite de Claude, nous « montons » vers Roissy, où 2 chambres sont réservées à l’Hôtel « 1ère Classe », arrivée à 23 heures, comme prévu ; lever 6H 30 et direction l’aéroport par le navette de l’hôtel, la voiture restant sur le parking de l’hôtel (gratuit pour les 7 jours !).

Enregistrement, attente, les chaussures de Jean-Claude sonnent au contrôle, il doit se déchausser. Départ à 10H 40, arrivée à Londres 1 heure plus tard, attente de 3 heures, rencontre avec Michel Caumel d’Aurillac qui a tout gagné dans son coin, et s’avère être un compagnon très sympa. Et nous voilà embarqué pour 8 heures d’avion vers NY City. Avion de British Airways, lecture, repas (excellents selon Didier !) télés individuelles en anglais (18 chaînes !), sommeil pour certains, arrivée à 16H 30 locale, et la nuit va tomber sur NY, route en car vers Manhattan, que nous découvrons de loin.

 

2 – AVANT LE MARATHON

Installation à l’hôtel et sortie pour manger, pizzas, salades, les pâtes viendront à partir du lendemain, restaurants américains, en self ou à table. Pour la note, compter en plus du prix la taxe et les 15% de pourboires, quant à la qualité, nous ne sommes plus en France, mais nous le savions, donc …

Les jeudis et vendredi, sont consacrés à une visite de Manhattan, d’abord en bus (visite officielle), puis en métro à pied (beaucoup), on marche beaucoup dans NY, peut-être n’est-ce pas la meilleure préparation pour un marathon (mais nous ne l’avons pas encore dans la tête, sauf…) ! Nous nous sommes bien orientés, sous la conduite de Claude, véritable chef de la troupe ; un vrai chef d’ailleurs, puisqu’à l’écoute de nos désirs. Un lendemain d’élections, où nous remarquons, qu’aucune affiche ne traîne nulle part, tout se passe sur les écrans, qui sont omniprésents. Il faut dire que l’hôtel est situé tout près de « Times Square », et de « Broadway » quartier des spectacles et des grandes chaînes de télé. Monde de la hauteur et de la démesure dans l’architecture, à 2 pas aussi de l’ « Empire State Building » que nous grimperons, 2H 30 d’attente, pour ….15 minutes de contemplation de la ville de NY, superbe, mais … (merci Didier !) ; moment d’émotion au « Ground zéro », autour des décombres des Twins Towers, ballade dans ce qu’on appelle le « Village », plus humain, plus abordable, et aussi dans « Central Park », ce poumon au cœur de Manhattan, où je me souviens du film « Hair » et de l’époque hippie (ma jeunesse), qui a, apparemment entraîné pas mal de dégradations dans le parc. Nous avons pris le ferry pour contempler la statue de la Liberté.

Comme vous pouvez le constater, nous étions en vacances à New York, et toujours pas complètement le marathon dans la tête. Seul Didier était concentré sur cet objectif. Le jeudi AM, nous sommes allés récupérer les dossards et puces, et visité la foire aux sponsors, de quoi s’habiller, se nourrir, et même se soigner [distribution gratuite d’un anti-douleur le TYLENOL, où commence le dopage ?]

Nous étions à l’hôtel, auprès de Dominique Chauvelier, Philippe Reymond et Momo Serbouti, payés par le voyagiste pour encadrer le groupe. Nous aurions pu, aller courir avec eux dans Central Park et les écouter donner des conseils pendant 2 heures, nous ne l’avons pas fait. Nous les avons croisé simplement.

Le samedi matin, nous avons mis les chaussures et le short pour la « course de l’ONU » 6 kms entre la place des Nations Unies et Central Park, avec une marche de l’hôtel vers la place, par la 42éme rue, et photo officielle du groupe « Thomas Cook France » qui paraîtra dans Jogging, discours des officiels de l’ONU, et ensuite footing, ou marche, lorsque nous étions bloqués par la foule. On se remet dans le marathon ! Et Didier y rentre complètement l’après-midi, où, il nous suit avec peine dans notre promenade (la tête est ailleurs). Pasta-party le soir, ça y est, on est dans l’ambiance, on fait la queue, mais cela passe relativement vite, des pâtes à gogo, sous une tente, de la musique à fond, et de la pub pour les sponsors, en veux-tu, en voilà. Avec distribution de barres en toutes sortes, pour le lendemain (il n’y a pas de ravitaillement solide sur le marathon de NY, il est bon de le savoir. Ceci dit nous ne les avions pas emmenés avec nous.

 

3 – LE MARATHON

Le dimanche, il fait beau, ce sera le plus beau jour de notre séjour (nous avons eu de la pluie le jeudi AM), lever à 5 heures, direction petit déjeuner au 18ème étage de l’hôtel, du café, du pain, des pâtes, des jus de fruits, des barres, tout ce qu’il faut pour se remplir l’estomac. Mise en tenue, préparation du sac que nous allons déposer dans le camion pour le retrouver à l’arrivée (parfaite organisation, camions numérotées, secteurs de départ en couleurs). Ensuite nous prenons la route à pied, vers le point de départ des bus pour la ligne de départ du marathon, dans la 42ème rue, et là, nous découvrons, que nous serons pas seuls, cela converge de partout, et nous nous mettons dans la file d’attente, vers les bus, qui par dizaines embarquent les compétiteurs, et après 1 heure 30 de bus, nous arrivons dans la zone verte qui correspond à notre secteur de départ, au pied du fameux pont « Verazzano », nous sommes 2 heures avant le départ, et il y a à boire, à manger, un urinal géant pour les hommes (plus de 100 mètres de long), des queues interminables pour les toilettes. Peu de personnes s’échauffent, La tension monte et 45 minutes avant le départ, Didier se dirige vers sa zone de départ (zones déterminées par les numéros de dossard). Il est très concentré. Nous y allons plus tardivement. Apparemment Claude et Didier se sont retrouvés pour le départ, Jean-Claude et moi, non, mais nous nous retrouverons quelques kilomètres plus loin, pour nous perdre ensuite après le semi-marathon.

Vient le moment où les handisports partent (nous ne pouvons pas les voir) puis les femmes de l’élite, et enfin le gros de la troupe, après le coup de canon (normal, la zone de départ est dans un fort), et là nous marchons (j’ai le temps d’aller aux toilettes enfin libres), jusqu’à la ligne de départ (j’ai compté 9 minutes pour moi !), et ensuite le pont s’ouvre à nous, et à ma surprise, on peut courir dès la ligne de départ, tellement ce pont est large, nous courons sur la plate-forme inférieure, la supérieure étant réservée aux meilleurs. Nous voilà dans la course, avec une magnifique vue sur Manhattan, et au 1er plan des bateaux envoient des jets d’eau colorés, magnifique sur le fleuve.

Et ensuite c’est le choc, l’arrivée dans Brooklyn, avec la marée des marathoniens, de toutes nations, de toutes couleurs, et la foule sur les trottoirs qui applaudit, qui encourage « allez la France », je l’ai encore dans les oreilles. Cette foule, c’est l’humanité, avec tous les âges, du bébé au vieillard, mais aussi toutes les couleurs de peau. C’est magique, magnifique, nous sommes subjugués, sentiment que nous partageons avec Jean-Claude, au moment où il me rejoint, on frappe dans les mains des enfants, et cela continue, tout le temps que nous sommes dans ce quartier, c’est-à-dire jusqu’au 20ème kilomètre environ. Avant de quitter Brooklyn, nous traversons le quartier juif traditionaliste,  là, l’ambiance change, les gens sont présents, hommes, femmes et enfants, en tenue traditionnelle noire, chapeaux, avec les nattes, mais ils regardent en silence, pas un applaudissement, pas un seul encouragement, c’est curieux, inquiétant, ils viennent voir le spectacle, mais ils ne participent pas. Dans quel monde sont-ils eux ? Et comment nous voient-ils ?

Les ponts, que nous passerons à 5 reprises, sont des moments sans applaudissements, puisque réservés à la course. Mais quel choc aussi, à la sortie du pont arrivant sur Manhattan, après le calme de se retrouver dans la foule massée au virage qui nous conduit à la 1ère avenue, et la vision au départ de cette avenue large, très large de 6 kilomètres de coureurs devant nous, avec de chaque côté une foule toujours aussi animée. Je n’arrive pas à imaginer que ces gens aient pu applaudir et encourager ainsi pendant plusieurs heures. Je vous jure qu’on pouvait se croire en tête de la course. On se sent porté. Mais la course continuait et il fallait ajouter les miles aux miles (le marathon fait 26.2 miles), et les jambes se faisaient plus lourdes. Les ravitaillements en eau et gatorade se situaient tous les 2 miles, pas de ravitaillement solide, un seul ravito avec du gel, au 16ème mile, et cela m’a manqué, pas de sucre non plus. Et le gatorade, c’est parfois un peu difficile à digérer, je l’ai ressenti, mais il y a eu pire que moi. J’avais perdu Jean-Claude depuis le semi, je ne savais pas où il était, en fait, il avait marché sur le pont, et est arrivé juste derrière moi. La 5ème avenue, avant Central Park, terme du marathon, fut difficile, je répondais moins aux encouragements, cela devenait plus difficile, et puis ce fut l’arrivée, la remise de la médaille, la couverture de survie, la récupération du sac, la poche de ravitaillement (bananes et boissons). Jean-Claude me retrouve, il est arrivé quelques minutes après moi. Il m’apprend que malheureusement il a doublé Didier, malade et vomissant, qui a refusé de le suivre. Cela a diminué notre joie d’avoir participé à cette fête de la course à pied. Nous avons pris nos vêtements secs, et attendu Didier, qui a terminé défait et malade. Nous avons essayé de lui remonter le moral, mais ce fut difficile. Pour Claude, nous savions que Didier l’avait laissé partir après le semi-marathon, rien d’autre. Nous sommes rentrés à l’hôtel, à pied et en métro (gratuit pour les marathoniens), et après la douche, nous avons appris qu’il avait lui aussi peiné et marché dans la 5ème avenue.

Vous voulez savoir les temps, 3H 59 pour Claude, 4H 21 pour mois, 4H 25 pour Jean-Claude et 4H 36 pour Didier. Il ne faut pas venir à NY pour faire une performance, il y a de nombreux faux plats montants, des ponts à monter, et on se laisse emporter par la foule et l’ambiance. Il faut y venir parce que c’est la fête du marathon. Nous étions dans cet esprit Jean-Claude et moi, sûrement aussi Claude (avec une idée de temps à faire), beaucoup moins pour Didier.

Une dernière chose concernant ce marathon, nous avons doublé à plusieurs reprises des groupes de 3 ou 4 personnes en dossard bleu, entourant une personne handicapée en fauteuil, marchant avec elle. Parfois la personne handicapée (mentale souvent) faisait avance son fauteuil, parfois elle se reposait. Ce marathon accueille donc en son sein, des personnes handicapées qui peuvent participer à la fête. Ils doivent partir à différents endroits du marathon, afin d’être présents tout le long. Je tenais ici à saluer cette initiative. Nous leur faisions en les doublant une petite tape amicale, afin de saluer seur présence. Respect, comme dirait Jean-Claude.

 

4 – APRES MARATHON

Nous avons traîné Didier le jour suivant, il n’y avait plus personne, nous l’avons finalement laissé seul, et nous avons eu la surprise de le retrouver au moment du départ avec une meilleure forme.

Le lundi, nous avons profité encore un  peu de NY, à métro et à pied, quelques photos de limousines (nous en avons mesuré une à 13 mètres de long !). A 16H 30, départ de l’hôtel, vers l’aéroport, où après une attente de 2 heures pendant laquelle Michel Caumel a donné des conseils de préparation à Didier (courir en endurance à 10 à l’heure et à 13) nous allons subir le contrôle (coton), il a fallu se déchausser, enlever les ceintures, impressionnant ! A l’aller, il y avait eu le questionnaire à remplir sans ratures (j’ai dû refaire le mien), et la photo + la prise d’empreintes. Départ à 21 heures locales (3 heures du matin ici), direction Londres (quelques heures de sommeil dans l’avion), 3 heures d’attente à Londres (rasage pour certains) repos, lecture, et on repart vers Paris, arrivée 13 heures, navette vers l’hôtel, où l’on retrouve une voiture sans batterie. On essaie de pousser, échec. Un employé d’un grill voisin nous permet de démarrer avec des pinces. Ouf !

Et nous voilà sur l’autoroute, où Claude nous emmène vaillamment vers la Vendée, chapeau Claude et merci. Arrivée à 19H 30, et retour dans nos familles respectives, une semaine exactement après notre départ.

 

J’espère, amis coureurs, vous avoir fait partager un peu de l’émotion que nous avons ressenti

 

Christian BONNAUD le mercredi 10 novembre 2004

Le PAC Athlétisme vous remercie de votre visite et vous invite à revenir très prochainement.