Le Marathon de New-York par Christian BONNAUD
A New-York le 2 novembre 08
Avec Nenes, nous y sommes allés, car il a dit qu’il fallait y aller avant qu’il ne soit trop tard (pour lui, ai-je entendu !), C’est donc mon second New-York, y étant allé en 2004 avec Claude, Didier et Jean-Claude.
Inscription le 16 août 07 par Thomas Cook marathon, nous avons la confirmation en mars 08, que nous pouvions y aller et nous avons choisi d’être hébergé à l’auberge de jeunesse YMCA, situé dans la 63ème rue West, à 2 pas de Central Park et de l’arrivée du marathon, dans le centre de Manhattan
En septembre, nous recevons l’équipement « Thomas Cook », short, maillot, sweater, sac à dos, et par l’organisation, le document pour retirer le dossard et le mardi 28 octobre, nous voilà parti en train pour Roissy CDG, nuit au Formule 1, où je découvre que Nénes ne sait pas compter puisqu’il fait le code d’entrée de la chambre, à la porte en face, et s’étonne que la porte ne s’ouvre pas, heureusement, il y avait un habitant, ce qui nous a permis de découvrir que nous n’étions pas à la bonne porte ! Après une bonne nuit, départ par la navette vers le terminal n°1, où nous découvrons des gens de St Hermine, et après le questionnaire de sécurité, l’enregistrement des bagages, la douane … nous voilà partis vers Washington, pour 8 heures d’avion, puis à nouveau 1H 30 jusqu’à NY, dans un plus petit avion, qui nous a permis de découvrir cette ville éclairée, vue du ciel, magnifique, il était 19 heures ( minuit chez nous)
Les jours avant le marathon, sont occupés par une visite en bus de Manhattan (Harlem, John Lennon, les avenues chics, Broadway, Ground zéro (là où étaient les tours jumelles), la marche à pied pour la découverte, visite au musée (pour nous ce fut Guggenheim), la course de l’ONU le samedi matin (un footing pour les internationaux), mais vous pouvez aller courir chaque jour dans Central Park (le paradis des coureurs et autres marcheurs et cyclistes), il y a même un footing organisé par Thomas Cook, le vendredi matin avec D Chauvelier et P Rémond. Nous ne sommes pas allés courir, car Néness avait peur pour son genou, et je ne souhaitais pas courir avant, nous avons simplement participé le samedi matin entre l’ONU et Central Park soit 4 Kms, pour l’ambiance
Le village marathon, où nous sommes allés chercher les dossards, est une vraie foire, on y trouve de tout ce qui tourne autour de la course, on peut y passer des heures. Un grand magasin de sport (Paragon) offrait un repas aux coureurs avec navettes gratuites, nous y sommes allés
Le samedi soir, veille du marathon, pasta party à Central Park, dès 16H 30 étant donné le monde, avec des horaires pour chacun des coureurs, auxquels ils faisaient peu attention, mais que nous avons respecté, ce qui fait que nous pas mangé nos pâtes Barilla ensemble, mais l’ambiance y était (musique, vidéo, serveurs, queue mais dont l’écoulement est assez rapide)
Après une nuit calme pour moi, moins pour Nénesse, qui malgré le strap était très inquiet pour son genou, nous sommes allés déjeuner, et mis en place nos affaires, le départ en bus avait lieu à 6 heures, ces bus étaient affrétés par Thomas Cook, puisque ceux de l’organisation partaient à 3H 45 de Manhattan. La température était basse (autour de 5°) et il y avait du vent. Après 1 heure de transport, nous sommes arrivés sur Staten Island, dans l’enceinte d’un fort, lieu de départ, au pied du fameux pont Verazanno, que tout le monde connaît. Nous étions répartis en 3 corrals, bleu, orange et vert, Nénesse était « vert », j’étais « orange », et là nous avons attendu notre départ, soir 3 heures environ. Il y avait de quoi boire, se restaurer, aller aux toilettes, et nous avions amené des cartons pour nous allonger. Il y avait surtout un vent froid, nous frissonnions littéralement, surtout tant que le soleil n’était pas monté assez haut. Et, sans discontinuer, une sono en 5 langues, nous répétait le même refrain pour informer les coureurs des contingences matérielles. Un sac transparent, sur lequel nous avons collé notre numéro de dossard permettait de déposer ce que nous allions retrouver à l’arrivée, et des camions UPS (correspondant aux numéros de dossard) permettaient le dépôt des sacs.
Dans chaque corral, il y avait 3 vagues de départs 9H 40, 10 H et 10H 20, nous étions de la 3ème vague, pas de chance (en raison du temps), à l’heure dite, nous sommes allés dans les SAS, où il y avait encore des toilettes, et après avoir applaudi le départ des 2 premières vagues, nous avons pu enfin partir, et dès la ligne passée ce fut fluide, ce qui veut dire qu’on pouvait courir, sur les 2 Kms du pont. Ce que je ne vous ai pas dit, c’est l’impressionnant stock de vêtements en tout genre qui est resté sur place, et il n’y avait pas que des habits qu’on veut bien jeter, je puis vous le dire. Cela servira pour les associations caritatives, on en retrouvera d’ailleurs au bord de la route sur de nombreux kms
Après le pont, arrivée sur Brooklyn, dans la liesse populaire (les gens sont là déjà depuis 1 heure, et plus loin, ils resteront encore + longtemps), je suis pris à la gorge, l’émotion est forte, le plaisir immense, je pense à cette chance que j’ai d’être là, chance que je souhaite à tous les coureurs. C’est le moment, où on peut en profiter le mieux. Et j’espère que le genou de Nénes va tenir, afin qu’il puisse en profiter au mieux (ce qui sera le cas). C’est toujours difficile de traduire en mots ce que peut être cette émotion, mais elle est réelle, intense. Il y a ces femmes et ces hommes de toute nationalité qui courent, des jeunes (parfois très jeunes), des vieux, des handicapés .. J’ai vu des aveugles, courir, accompagnés, des gens en fauteuil (le traditionnel), et ce qui m’a laissé sur le cul, 2 personnes, unijambistes, avec des béquilles (jusqu’où sont-ils allés ? Je ne sais pas, mais dans Brooklyn, ils étaient là. Il y avait aussi, dès le pont, des gens qui marchaient, étonnant, très étonnant
Et, bien sûr, il y a eu la foule sur les trottoirs, bigarrée, enthousiaste, un vrai soutien
Sur le plan de la course, des ravitaillements très fréquents (tous les miles environ, le marathon, c’est 26.2 miles), du Gatorade et de l’eau, jamais de solide, sauf les gens qui vous proposent des demi-bananes. Il faut le savoir, et j’avais embarqué du chocolat dans une pochette, qui m’a été utile. Au 18ème mile, il y avait du gel qui a été le bienvenu. Vous imaginez facilement le champ de gobelets devant chaque ravitaillement, et le fait que cela colle aux chaussures en raison du Gatorade.
La course se déroule bien sûr, je double sans arrêt, un vrai slalom, au milieu de coureurs nombreux, où le passage est parfois difficile, et ce sera le cas quasiment jusqu’à la fin du marathon, y compris des gens partis dans les vagues antérieures, soit 20 ou 40 minutes avant moi. C’est plutôt sympa, et en même temps, je crois que j’y ai perdu un peu d’énergie. Passage au semi en 1H 53, arrivée sur la 1ère avenue de Manhattan, sous l’ovation de la foule amassée, comme il y a 4 ans, merveilleux moment, avant les 6 kms de la 1ère avenue que l’on découvre droit en face de nous. Du fait des 3 vagues de départ, j’ai le sentiment que la course y est plus fluide qu’il y a 4 ans, il y a moins de coureurs amassés. J’ai le plaisir de doubler Yannick Noah, sourire sympa, et salut amical.
Du Bronx, je ne retiendrai que la présence de « tambours », il est à signaler que partout sur le parcours, il y a des orchestres, de la musique, de toute sorte. Dans le Queens, autre quartier de New York, nous étions plutôt dans la zone industrielle, mais les rues étaient pleines quand même. Après le Bronx, nouvelle arrivée dans Manhattan, par Harlem et la 5ème avenue, on a l’impression que la foule augmente, ils sont là depuis bientôt 3 heures, et ils vont y rester encore un moment, c’est ensuite l’entrée dans le Park, pour les derniers miles . Comme le savent les marathoniens, les jambes sont dures, mais le plaisir est toujours là, et à la sortie du Park, à la sortie sud de celui-ci, c’est le délire populaire, on est porté par la foule, qui est derrière les ganivelles, sur 5 ou 6 rangées, c’est vraiment fabuleux. Puis c’est l’entrée dans Central Park à nouveau, pour le final, dernière côte, et « finish »
Ensuite la couverture de survie, la médaille, le sac de ravitaillement, les échanges quand la langue le permet, et la marche, pour récupérer le sac avec les affaires, la puce qu’on enlève, la sortie du Park, et la foule des gens qui attendent leurs coureurs et partout des volontaires qui guident avec des « congratulations » dit et répété, ON EST BIEN, la douche pour nous est à côté. J’ai mis 3H 52 pour le faire et c’est bien
Néness arrivera ensuite, mais il vous racontera son marathon
A noter que les coureurs américains, participent à une loterie pour avoir un dossard. Sinon, on a noté la présence de beaucoup de maillots associatifs caritatifs, à thème « santé », des milliers de maillots orange « a world without cancer » par exemple, ce qui un moyen d’avoir un dossard pour les américains, sous certaines conditions
Le lendemain du marathon, avant le retour, nous sommes retournés dans le Park, la médaille était autour du cou de beaucoup de coureurs, et des photos ont été prises sur les lieux. Nous avons acheté le New York Times qui avait la liste des classés
Pour le retour, alors que nous étions installés dans notre avion à Washington, nous avons dû descendre, en raison d’un incident sur l’appareil, et monter ensuite dans un autre, ce qui fait 3 heures de retard. Heureusement, nous avions une marge de 4 heures à Roissy pour notre train, pour lequel, nous sommes arrivés pile à l’heure
Enfin, vous ne serez pas surpris, si je vous dis, que les maillots « OBAMA » faisaient fureur, sur la course, et que je n’ai vu aucun maillot de soutien à Mac Cain, mais il y en avait cependant
Christian BONNAUD le mercredi 5 novembre 2008
